La Précocité - L'enfant intellectuellement précoce
L’enfant précoce n’est pas quantitativement plus intelligent mais pense dans un système qualitativement différent.
On parle de pensée « en arborescence », caractérisée par une grande curiosité, une aisance verbale et la capacité de s’approprier des connaissances par ses propres moyens. La précocité fait encore aujourd’hui l’objet de représentations erronées : malgré une terminologie ambiguë, l'enfant surdoué, intellectuellement précoce (EIP) ou à haut potentiel intellectuel n'est ni plus intelligent ni un génie doté de tous les talents.
L’enfant précoce a un parcours scolaire souvent chaotique. Son hypersensibilité et son affectivité envahissante le rendent psychologiquement vulnérable. Selon sa personnalité, il saura plus ou moins développer des défenses et des ressources pour transformer ses particularités en atouts, puis en projet de vie réussi. Mais pour la plupart d’entre eux, des troubles psychologiques se manifesteront sous des formes plus ou moins sévères.
a - Sur le plan psychométrique :
On parle de précocité ou de surdouement lorsqu’un QI supérieur à 130 est obtenu aux tests, soit dans 2,3% des cas.
Le Wechsler est le test le plus utilisé dans de le monde. Il permet de connaître le quotient intellectuel (QI) par étalonnage et par rapport aux tranches d’âges :
- WPPSI de 2 ans 9 mois à 7 ans
- WISC IV de 6 ans à 16 ans et 9 mois
- WAIS-R pour adulte (Wechsler Adult Intelligence Scale Revised)
C’est un procédé psychométrique : « c’est à dire un ensemble de questions et de tâches standardisées destinées à évaluer le potentiel de l’individu à se comporter de façon efficace et adaptée ».
Depuis juin 2005, la nouvelle version du WISC a fait son apparition et représente une importante avancée dans la pratique du bilan psychologique. Issue de la recherche menée à partir du WISC III et élargie grâce à l’évolution des connaissances dans le domaine du fonctionnement cognitif, elle permet une étude plus clinique des différentes composantes de l’intelligence humaine.
b - Sur le plan intellectuel :
L’enfant précoce n’est pas quantitativement plus intelligent mais pense dans un système qualitativement différent.
On parle de pensée « en arborescence », caractérisée par une grande curiosité, une aisance verbale et la capacité de s’approprier des connaissances par ses propres moyens.
Cette forme de pensée a besoin d’entrevoir la finalité de la problématique, des apprentissages ou du raisonnement pour être canalisée. L’apprentissage séquentiel tel que proposé dans le cadre classique est donc totalement inapproprié dans ce cas de figure.
De plus, sa mémoire de travail contient plus d’informations que la moyenne, et la durée de stockage de ces informations y est plus longue.
Ce sont les formes spécifiques de cette intelligence qui distinguent l’enfant précoce des autres élèves, et rendent difficile son intégration dans le groupe classe.
c - Sur le plan affectif :
L’enfant précoce dispose de capacités sensorielles au dessus de la normale, tous ses sens étant particulièrement développés. C’est un enfant d’une immense sensibilité, avec une émotivité exacerbée, qui a la capacité de ressentir avec une acuité extrême les émotions des autres.
d - Quelques exemples :
Maxime le clown : il savait lire en grande section, a sauté le CP. En CE2, il rencontre plusieurs problèmes (relationnels, ennui, démotivation). Il passe des tests, il est précoce. Il est maintenu en CE2, ayant déjà un an d’avance. En CM1 il déstabilise complètement sa classe, voire son institutrice, fatiguée par cet enfant inconstant qui semble tout savoir et qui rédige si mal. Les résultats de Maxime sont en baisse, il n’aime plus aller à l’école, il s’ennuie et est trop souvent puni pour son manque de travail.
Dans une école spécialisée, Maxime, aidé par le groupe, pourrait réapprendre à aimer l’école.
Jeanne la solitaire : même débuts que Maxime mais Jeanne est une fille. Elle est docile et scolaire, elle aime faire plaisir, autant à maman qu’à sa maitresse. Elle travaille vite et très bien, ses cahiers sont parfaitement tenus. Mais dans la cour elle reste seule avec son livre. Elle a beaucoup d’activités extra scolaires mais peu d’ami(e)s. Ses difficultés relationnelles conduisent ses parents à lui faire passer un test. Elle est précoce.
Entourée d’enseignants sensibilisés à la précocité, Jeanne devrait rester une excellente élève et, si elle accepte de s’ouvrir, avoir enfin de vrais camarades.
Merlin je sais tout : il a un parcours classique et des résultats dans la norme, mais c’est une encyclopédie vivante. Il sait tout et a réponse à tout, il lève la main toute la journée et pense que son maitre ne l’aime pas puisqu’il donne la parole à ceux qui ne savent pas répondre. Il n’a pas les bons résultats qu’on pourrait attendre de lui, n’aime pas rédiger, écrit mal et ne se relit jamais.
Grâce à une pédagogie spécifique, Merlin apprendra à écouter les autres et à structurer ses connaissances. Il devra se plier aux exigences de présentation et de rédaction. Les méthodes d’enseignement et les techniques utilisées pour « apprendre à apprendre » devraient l’aider à se concentrer.
a- Rappel des besoins essentiels nécessaires à la transmission du savoir à l’école :
- Un besoin de reconnaissance : un élève ne doit pas être conduit à une situation d’échec et de souffrance. Cela suppose de porter sur lui (comme sur tous les élèves « un peu plus différents que les autres ») un regard bienveillant et compréhensif, grâce à une formation adéquate et à une analyse juste de sa situation, si complexe soit-elle.
- Un besoin de prévention et, parfois, de soin : ses manques et ses déséquilibres doivent être traités ou, mieux, prévenus. Les problèmes psychomoteurs et comportementaux constatés nécessitent l’intervention de spécialistes travaillant de concert avec les équipes pédagogiques.
- Un besoin de motivation : l’enfant doit pouvoir trouver à l’école des réponses aux questions qu’il pose, mais aussi une aide et des stimulations pour engager des apprentissages qui lui sont nécessaires et dont il ne perçoit pas toujours l’importance et l’intérêt.
- Un besoin d’équilibre : l’école doit l’accompagner dans son éducation sociale, physique, affective et morale. Il doit aller vers les autres, apprendre à travailler avec eux, et accepter de passer par le détour des méthodes et de l’organisation pour devenir plus efficace.
b- La spirale de l’échec scolaire :
C’est à l’école, lieu de culture et de transmission du savoir, qu’un enfant précoce devrait se révéler, et c’est malheureusement là qu’il risque le plus de souffrir.
Tout au long du cycle primaire, l'enfant précoce non identifié est contraint à un mode de fonctionnement et à un rythme d’apprentissage qui ne sont pas les siens. Incompris, marginalisé, il se retrouve en grande souffrance et finit par rejeter en bloc un système scolaire qui n’a pas su l’accepter dans sa spécificité.
Face à la pression croissante du cursus scolaire, dont les enjeux de réussite dépassent largement le cadre strict des apprentissages, ces enfants ainsi que leurs parents perdent pied. L’échec scolaire a de lourdes conséquences pour l’avenir personnel et psychologique de chacun. Un problème scolaire ou une révolte face à l’institution vont être les premiers signes par lequel l’enfant va exprimer sa souffrance.
- Les difficultés scolaires génèrent
- des troubles psychologiques souvent sévères : troubles du comportement, trouble de l'estime de soi, dépression
- qui entraînent la démotivation, la dévalorisation, le désinvestissement des apprentissages, des conflits avec l'entourage, de l'agressivité
- qui renforcent l'échec scolaire
- qui accentuent le mal être qui installent définitivement l'échec, etc…
- qui renforcent l'échec scolaire
- qui entraînent la démotivation, la dévalorisation, le désinvestissement des apprentissages, des conflits avec l'entourage, de l'agressivité
- des troubles psychologiques souvent sévères : troubles du comportement, trouble de l'estime de soi, dépression
Il y a alors urgence à relancer l’enfant sur le chemin de sa réussite et de son plein épanouissement, à le sortir de la spirale infernale de l’échec scolaire. Or, spontanément, on aide ceux qui sont le plus démunis intellectuellement plutôt que ceux qui semblent avoir tout reçu, que l’on va ignorer ou pire, envier…
c- Les types de difficultés rencontrées par ces enfants en milieu scolaire :
- Des difficultés liées à l’écart entre ses aptitudes fortes dans certains champs d’activité intellectuelle et sa moindre aisance, voire ses lacunes, dans d’autres domaines (écriture, orthographe, présentation, organisation, sociabilisation, maîtrise des gestes et des émotions,…).
- Une difficulté due à sa faible capacité voire son incapacité à s’adapter aux situations scolaires, notamment sociales ou physiques, qui conduit à de lourdes conséquences (isolement, ennui, agitation, refus de l’école, sentiment d’injustice,…).
- Des difficultés personnelles sans lien apparent avec sa précocité. Il ne faut jamais oublier qu'un enfant précoce est d'abord un enfant, dont l’histoire personnelle s’inscrit dans une dynamique familiale, scolaire et sociale propre. Il existe très peu d’actions menées par les institutions pour aider les enfants précoces. Aucune en primaire.












